On nous répète beaucoup que le sexe est le ciment du couple. Mais est-ce vraiment le cas ? Entre désirs fluctuants, pressions sociales et réalités intimes, le plaisir à deux ne se résume pas à la pénétration et à l’orgasme. Aimer, c’était avant tout inventer sa propre manière d’être en lien.
L’amour sans sexe : une hérésie ou une autre forme d’intimité ?
Depuis toujours, la culture populaire associe amour et sexualité comme deux faces indissociables d’une même pièce. Pourtant, de nombreux couples — hétéros ou queer — ont une intimité sans rapports sexuels réguliers, voire sans rapports du tout. Loin d’être une anomalie, cette réalité doit nous inviter à repenser la place du corps dans la relation.
Certains couples traversent des périodes d’accalmie : fatigue, stress, parentalité, charge mentale… D’autres, au contraire, revendiquent une relation plus émotionnelle, sensuelle ou spirituelle.
Et après tout, comme s’interroge Tal Madesta dans son livre, faut-il vraiment désirer à tout prix ?

Le mythe du “sexe obligatoire” : une pression héritée du patriarcat
L’idée selon laquelle “un couple sans sexe est un couple en danger” est profondément ancrée dans les imaginaires — et souvent plus oppressante pour les femmes. On attend d’elles qu’elles soient désirables, disponibles, et qu’elles participent activement à la santé sexuelle du couple, comme si leur corps appartenait à la relation.
Il est temps qu’on apprenne à désacraliser le sexe conjugal, à rappeler que la valeur d’un couple ne se mesure ni à la fréquence des rapports ni à la performance. Souvenons-nous que le désir est une énergie vivante, fluctuante !
L’asexualité existe et reste incomprise
N’oublions pas que certaines personnes ne ressentent tout simplement aucune attraction sexuelle. Ce n’est ni un manque, ni un traumatisme, ni une anomalie. C’est une orientation à part entière appelée l’asexualité. Les personnes asexuelles peuvent aimer, être en couple, s’engager, vivre une grande complicité, c’est simplement leur rapport au corps qui diffère.
Le sexe comme langage : quand le corps dit ce que les mots taisent
Le sexe reste un espace d’expression émotionnelle, un prolongement du dialogue amoureux. Mais encore faut-il oser en parler. Trop souvent, les tabous et les non-dits étouffent le désir. Or, il est possible d’entretenir la flamme par la parole, la tendresse, la complicité ou des gestes simples.
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Les couples longs et l’évolution du désir
Le désir n’est pas une ressource illimitée. Avec le temps, la routine, les changements de corps et d’envies, il fluctue. Mais moins de rapports ne veut pas dire moins d’amour. Ce peut être l’occasion de réinventer la sensualité, de sortir du “script” classique du rapport sexuel.
Toucher autrement, rire ensemble, se redécouvrir différemment : autant de façons d’entretenir la connexion.
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Si l’un des deux partenaires ressent un manque, il est possible de retrouver le chemin du plaisir sans pression ni culpabilité. L’objectif n’est pas de “réparer” la relation, mais de réenchanter le lien en douceur. N’hésitez pas à faire une thérapie de couple, car beaucoup de couples font l’erreur de franchir la porte du cabinet quand il est déjà trop tard. De plus, souvenez-vous que faire preuve d’écoute, sortir de la routine, ou simplement prendre soin de soi peut suffire à réveiller la libido. Découvrez nos 5 conseils pour faire revenir le désir dans le couple.
L’amour n’est pas une check-list
Le sexe peut être un merveilleux vecteur d’intimité, mais le sexe n’est ni une obligation ni une garantie de réussite amoureuse. Ce qui compte, c’est le respect, la tendresse, la complicité, et la liberté de définir ensemble ce que signifie “aimer”. Parce qu’au fond, le véritable ciment du couple, c’est le consentement et la connexion — pas la fréquence des rapports.
