Le humping est répandu chez les femmes. Pourtant, certaines éprouvent de la honte ou se sentent anormales de se donner du plaisir ainsi. Cassons ce tabou qui n’a pas lieu d’être. C’est l’une des pratiques masturbatoires les plus répandues chez les femmes, même si le sujet reste tabou. Voici pourquoi le humping mérite enfin la place qu’il mérite dans la sexualité féminine.

Résumé de l’article : la pratique du humping n’est pas anormale
Le humping, ou masturbation par frottement, consiste à stimuler la vulve contre une surface (coussin, peluche, main, corps d’un·e partenaire…). Cette pratique courante est parfaitement normale et permet d’explorer le plaisir clitoridien sans pénétration. Contrairement aux clichés hérités du porno ou d’anciennes théories psychanalytiques, faire cela n’a rien d’immature. Le humping stimule de nombreuses zones érogènes et peut s’intégrer aussi bien dans la masturbation solitaire que dans les rapports sexuels à deux.

Article mis à jour le 04 décembre 2025

Une masturbation jugée «pas crédible »

Le humping est le nom anglais donné à la technique du frottement, terme largement diffusé et popularisé par les sites de streaming pornographiques. Cette technique de masturbation consiste à frotter sa vulve contre une surface pour se donner du plaisir.

C’est d’ailleurs souvent la toute première manière dont les jeunes filles découvrent leur plaisir : un coussin entre les jambes, un nounours, un coin de matelas… Pourtant, cette pratique est régulièrement dévalorisée à l’âge adulte. Comme si la sexualité devait suivre une évolution obligatoire : commencer par le frottement, puis « grandir » vers la pénétration.

Cette vision hiérarchisée de la sexualité vient directement d’une culture qui refuse de reconnaître la diversité des plaisirs féminins. Sigmund Freud a largement participé à ce mythe, affirmant que les orgasmes clitoridiens seraient « immatures ». Une théorie fausse, dépassée, mais encore trop ancrée dans l’imaginaire collectif. Pour aller plus loin sur l’évolution des représentations sexuelles en France, lire La sexualité en France de Maryse Jaspard.

Image d'une main qui caresse un fruit pour représeter la masturbation féminine

Frotti frotta et abracad’orgasme

Frotter sa vulve contre un élément apporte des sensations excitantes, car les lèvres et le clitoris sont stimulés. Habillée ou nue, ce qui compte est le plaisir ressenti. Les vidéos sur les sites porno mainstream privilégient quasi exclusivement des images de femmes qui le pratiquent en étant nues. Cela n’a rien d’étonnant vu leur capacité zéro à penser la sexualité autrement qu’avec des parties génitales en gros plan. En réalité, chacune fait ce qu’elle veut, et selon ce qui lui fait du bien. Les façons de se masturber des femmes sont diverses et variées comme le rappelle les concepts OMG Yes et Climax.

Pratiquer le humping, non ce n’est pas bizarre

Il y a peu, deux amies — Mélanie* et Danielle* — m’ont confié la même chose à quelques jours d’intervalle :

« Moi, je ne me masturbe pas vraiment. Enfin, parfois je fais un truc, tu vas dire que je suis folle, mais ce que je fais c’est que je me frotte, je sais c’est bizarre. » 

Elles pensaient que :

  • se masturber, c’est uniquement mettre des doigts dans son vagin
  • se frotter est une pratique « mal faite » ou « immature »

Cette croyance vient du silence honteux autour de la masturbation et du porno qui montre des pénétrations en boucle. Résultat : beaucoup de femmes pensent être « anormales » parce qu’elles ne se masturbent pas « comme dans les films ». Pourtant, la majorité des femmes jouissent avec la stimulation externe du clitoris, pas avec la pénétration.

Sortir des visions pénétro-centrées

La sexualité hétérosexuelle est presque exclusivement pensée autour de la pénétration du vagin. Ainsi, qu’il s’agisse du phallus ou de doigts, ça semble être le seul salut sexuel. Cette vision joue un rôle dans le regard que des femmes vont porter sur la masturbation féminine. Dès l’adolescence, qui n’a pas eu ou entendu des copains obsédés à l’idée de « doigter une fille », comme s’il n’y avait que ça qui comptait. Les images pornographiques pensées pour les hommes, accentuent cette attente d’une sexualité pénétro-centrée, avec des femmes qui sont toujours pénétrées (par des doigts, des pénis, des sextoys et par tout ce qu’il y a à disposition globalement). Ainsi, les femmes grandissent avec l’idée que la masturbation nécessite pénétration et qu’elles doivent forcément y prendre du plaisir. Or c’est complètement faux.

La majorité des femmes trouvent plus de plaisir avec :

Des sensations multiples, seule ou à deux

Se frotter permet de stimuler plusieurs zones simultanément : vulve, clitoris, cuisses, bas-ventre, parfois même la zone anale. C’est une expérience globale, souvent plus enveloppante qu’un vibro localisé. Les mouvements effectués peuvent varier pour accentuer les sensations : bascule du bassin, pression verticale, frottemet circulaire, mouvements rapides ou lents…

Le humping n’est d’ailleurs pas réservé à la masturbation solitaire. Dans un rapport sexuel de couple, cela peut augmenter le plaisir de se frotter contre la cuisse de sa/son partenaire. L’autre peut accompagner le mouvement, appuyer, varier les pressions. La position des « ciseaux », souvent associée à la sexualité lesbienne, repose exactement sur ce principe : vulve contre vulve, frottement et plaisir partagé.

photo de femme allongée sur un nounours

Faites-vous plaisir selon vos règles

On enferme encore trop la sexualité dans un schéma rigide : masturbation – « préliminaires » – pénétration – éjaculation – peut-être orgasme – dodo. Pourtant, la sexualité est un tout, fluide et personnel. Il n’y a pas un ordre obligatoire à suivre. Se masturber peut être fait en solitaire comme à deux, ça peut arriver au début de l’acte comme à la fin, il n’y a pas de règles. Ce qui compte, c’est de prendre du plaisir et que tout soit fait avec le respect de son corps et de façon pleinement consentie.

Les prénoms ont été changés pour respecter l’anonymat.

FAQ – Humping et masturbation féminine

Le humping est-il une pratique sexuelle normale ?

Oui. C’est l’une des pratiques masturbatoires les plus courantes chez les femmes, quel que soit l’âge. Le humping stimule principalement le clitoris, ce qui correspond à la manière dont la majorité des femmes atteignent l’orgasme.

Est-ce que pratiquer le humping est « une fausse masturbation » ?

Absolument pas. Cette idée vient d’anciennes théories psychanalytiques et de représentations pornographiques. Le plaisir externe est aussi adulte, légitime et puissant que n’importe quel autre type de plaisir.

Peut-on avoir un orgasme uniquement en se frottant ?

Oui, et c’est le cas pour beaucoup de femmes. La pénétration n’est pas nécessaire pour atteindre l’orgasme — au contraire, pour certaines elle est optionnelle ou secondaire.

Peut-on faire le humping avec un-e partenaire ?

Oui et cela peut même fortement faire grimper la température du lit

Le humping remplace-t-il la pénétration ?

Non, il ne remplace rien : il élargit les possibilités. C’est une façon de ressentir du plaisir supplémentaire, adaptée à vos envies.

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